LE CHANGEMENT, qu’est ce qui fait frein ? ou plutôt, qu’est ce qui motive ?

Quand nous évoquons le processus de changement, très souvent nous mettons en avant les freins. Nous parlons de ce qui empêche, ce qui retient. Nous évoquons alors la peur de la nouveauté ou de l’inconnu, la peur de l’échec, la peur de la réussite, la peur du rejet, la peur de l’abandon, la peur de la perte de sécurité… En effet, nous recherchons toujours à ne pas réveiller ces blessures que nous tentons de camoufler, voire d’oublier. Ces blessures de rejet, d’abandon, d’humiliation, de trahison et d’injustice. 
Plutôt que de nous focaliser sur ce qui freine, je vous propose de regarder aujourd’hui ce qui motive. Qu’est ce qui nous invite à changer ? Quels sont les mécanismes derrière ce souhait d’aller ailleurs, de vivre autre chose, autrement ? Qu’est ce qui nous permet et nous soutient dans ces processus de changement ?

Survie : nous sauver

Prenons l’exemple d’une grenouille aquatique dans une mare. C’est l’été, la mare s’assèche. Elle ne lui offre plus un endroit propice à sa survie (nourriture insuffisante) et celle de son éventuelle progéniture. Elle va en partir. Elle identifie un inconfort, un danger, elle change d’endroit. 
Quand nous faisons état de notre inconfort, insécurité, impossibilité de croître, danger, nous sommes mus par une force de vie, une volonté de nous échapper pour notre survie. Nous changeons car nous voulons nous sauver.C’est ce qui se passe quand une personne va choisir de quitter une situation, un comportement néfaste pour elle. Quand je dis néfaste, j’évoque le côté morbide voire mortifère. 


Nous rencontrons ou vivons des situations qui peuvent engendrer des maladies, qui nous mettent à mal, jusqu’à potentiellement nous faire mourir.Je peux citer une relation avec un-e partenaire irrespectueux (dévalorisation, sur-contrôle, virulence, …), avec des addictions… La situation de l’épuisement professionnel est aussi morbide/mortifère. L’anxiété, la peur, la contrariété, la rage occasionnées par ces situations peuvent se traduire par des maux du corps : hypertension, brûlures d’estomac, troubles du sommeil, troubles de l’appétit, troubles de la libido … Parfois, nous développons des comportements qui vont abimer, user notre corps avec le temps jusqu’à l’irréparable. Certains découvrent la cigarette, l’alcool, le jeu, la nourriture… comme des moyens pour trouver la détente, l’échappatoire, le plaisir. Avec l’habitude cela devient des comportements compulsifs, addictifs qui à fortes doses nuisent à la santé physique et psychique. 


Conscients de l’existence de ces situations et de ces comportements, conscients qu’en poursuivant de la même manière nous encourrons des risques pour notre santé et notre vie, nous allons initier un changement car nous ne souhaitons plus être malade, ni mourir, nous voulons vivre… et plus encore nous désirons du mieux-être et nourrir notre croissance, notre évolution.

Evolution : nous développer

Si nous prenons une autre image, celle de la vache dont le champ d’à côté est bien plus vert comparativement à celui dans lequel elle broute. Ce pré où elle demeure, a été piétiné par les allées et venues. Il y subsiste quelques touffes d’herbes éparses insuffisantes à son goût. Elle va chercher à changer de pré pour se repaitre d’herbe grasse et abondante. Elle est attirée par la luxuriance d’une autre prairie. 


Nous sommes mis en mouvement par le souhait, l’envie de répondre à nos besoins de plus, de mieux en termes de sécurité, satisfaction, joie, plaisir.  Nous changeons car nous sommes appelés, aspirés, entrainés vers un développement, une croissance, une évolution.

  
Quand nous sommes adolescents, jeunes adultes, naturellement nous aspirons à d’autres cercles sociaux que le cercle familial, nous envisageons d’autres contrées que celles de notre enfance. Adultes, nous pouvons rechercher à vivre dans un autre pays aux conditions de vie bien différentes, pour y trouver le bien être espérer. D’autres personnes vont enclencher le changement avec la promesse d’une vie meilleure : un lieu de vie ensoleillé, un-e partenaire soutenant, un métier stimulant, un prénom qui plaît, un genre à son image, un style vestimentaire qui met en valeur… 


Quand nous envisageons un changement, il est important de clarifier ce que nous voulons obtenir. Ce vers quoi nous nous mettons en chemin est ce qui nous fait aller de l’avant. Nous avons vu dans le paragraphe précédent que nous pouvons souhaiter fuir, là nous évoquons que nous convoitons. Le désir est un moteur. 
Plus nous définissons, précisons nos projets plus ils deviennent palpables. Ils passent de l’état de fantasme, de rêverie à celui d’envisageable, de possible. Les freins, les craintes se lèvent. Nous nous mettons en route au bénéfice de notre évolution matérielle, financière, émotionnelle, psychologique, spirituelle… 
Notre parcours est fait de changements successifs. Changements désirés ou imposés, la poursuite de notre vie et bien être motive des stratégies d’adaptation. 

Adaptation : nous ajuster

 Je vous invite maintenant dans le règne végétal. Que se passe-t-il pour le bonsaï ? Il est contraint de changer par la taille régulière qui lui est imposée par l’Homme. Il n’arrête pas pour autant de croître. Il développe des stratégies (petites feuilles, grosseur du tronc…) pour répondre à sa nécessité de croissance. 
Au cours de notre vie, nous traversons des phases de turbulences qui nous astreignent à des transformations majeures : entrée à l’école, adolescence, arrivée d’un enfant, perte d’emploi, nouvelle qualification, séparation, destruction du domicile, décès d’un proche, suivre son conjoint à l‘étranger… Nous changeons emportés par une sorte d’obligation nécessaire, à la fois contraints et stimulés.


Nous abordons ces ébranlements avec nostalgie ou aspiration/inspiration. La nostalgie nous propose de regarder en arrière, tandis que l’aspiration nous tourne vers l’instant et l’avant. 


Pour faire du vélo, il me faut être présent-e à mon moyen de transport et attentif-ve à la route qui s’offre à moi. Si je roule en regardant en arrière… aie ! aie ! aie ! C’est ce que font certaines personnes quand elles n’acceptent pas les modifications et se figent dans le regret. Tout changement réclame un deuil, car je laisse nécessairement quelque chose. La perte nous immobilise dans le chagrin, les conditions de cette perte nous enferment dans la rancœur, et ses raisons nous envahissent de craintes et de doutes. La transformation, associée au changement, requiert d’embrasser ces émotions et sentiments, sans s’en embarrasser, pour nous permettre de passer à autre chose. Nous pouvons nous autoriser à nous laisser aspirer par notre évolution et inspirer par nos objectifs. 


Quand une séparation a lieu, certes je reconnais ce que j’ai perdu et j’identifie ce que je gagne. C’est en considérant les avantages, les bénéfices, les progrès, les ouvertures que le changement s’opère. C’est parce que nous donnons du sens que notre métamorphose se réalise tranquillement avec satisfaction.

Transformation : nous métamorphoser

Poussés par une volonté de survie, dynamisés par un instinct de croissance, stimulés par un désir de mieux, attirés par un objectif et inspirés par un sens, tels sont les motivations, moteurs et appuis qui sous-tendent les processus de changement.

Article écrit par Delphine JOVERJanvier 2020

Partager ce post

Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin
Share on pinterest
Share on print
Share on email

Souscrivez à la Newsletter