Les bonnes intentions : Pourquoi ?

Sitôt les vœux de bonne année souhaités nous évoquons les résolutions ou intentions pour l’année qui débute. Direction ou projet qui avortent bien souvent assez rapidement. Nous éprouvons ensuite une certaine culpabilité, un sentiment d’échec. Je pense qu’il nous faut abandonner le terme de résolution trop directif et engageant. Je nous invite à préférer utiliser le terme d’intention, qui nous offre une orientation, une possibilité d’objectif. Si cela n’aboutit pas c’est peut-être plus acceptable.

Cette réflexion sur le terme judicieux, m’interpelle sur l’intérêt de ces intentions. En effet, outre la coutume, qu’est ce qui nous pousse à établir ces intentions ? En quoi elles nous stimulent ou nous entravent ? Comment faire de nos intentions des alliées pour notre réussite ?

Comment naissent nos intentions ?

Certes une part de ces bonnes intentions est émise par habitude, une coutume en début d’année qui vient donner des lignes de conduite.

Nous avons nos travers avec lesquels nous nous débattons. Nous espérons nous en défaire. Et puis, surtout nos proches, notre environnement culturel nous rappelle régulièrement que ces travers doivent disparaître ou d’autres comportements doivent apparaître : perdre du poids, arrêter de fumer, faire du sport, rester zen, prendre soin de soi… Je dirais que ces intentions sont énoncées pour se donner bonne conscience, et tenter de répondre au « il faut que… » des obligations familiales ou sociétales, ou que l’on se donne. Il nous est difficile la plupart du temps de répondre à ces intentions. J’expliquerai pourquoi un peu plus loin.

Les intentions sont aussi des fils d’Ariane. Dans ce dédale des jours et des mois à venir, nous nous offrons des guides, des phares pour nous rassurer avec des directions. Ces jours prometteurs peuvent être vécus comme vides. La vacance proposée est source d’inquiétude par peur de nous perdre, par crainte de la page blanche, plutôt que d’être appréhendée comme un champ de possible.  Nous remplissons l’espace de possible avec des « je vais… » : je vais manger moins sucré, je vais jouer avec mes enfants, je vais faire du vélo… Nous comblons le « rien » avec des choses à faire ou à penser.

La plupart du temps les intentions sont nées de la prise de conscience que ce que l’on vit ne nous convient pas et nous souhaitons autre chose pour nous et notre entourage. Mais ce n’est pas facile, de changer un comportement ou d’en mettre en place un autre.

Nous avons besoin d’être soutenu, encouragé dans nos projets, souhaits, alors nous cherchons des témoins de notre engagement, des coachs, des personnes qui valident nos directions. Nous énonçons tout haut, nous écrivons nos vœux pour nous engager dans cette démarche de faire attention à sa santé, de faire un voyage, de passer plus de temps chez soi…

En quoi nos intentions nous soutiennent dans un processus de changement ou d’évolution ?

Nous pourrions envisager de considérer le début d’année et ses intentions comme un prétexte pour définir des objectifs, des orientations que nous souhaitons réaliser. Toute démarche nécessite un commencement, une mise en charge pour un démarrage. La définition et l’énonciation des volontés est la seconde étape du processus de changement. Après l’identification des inconforts, des mal-être, de ce que nous ne voulons plus, nous spécifions ce que nous convoitons. L’intention est une ligne de mire. Elle nous donne une orientation, un sens dans lequel nous nous engageons.

L’énonciation de nos intentions, clarifiant ce que nous envisageons, est à la fois un levier et un soutien. L’intention est au processus de changement ce que l’étrier est au cavalier désireux de prendre la route.

Pourquoi certaines de nos intentions n’aboutissent pas ?

Parfois, nos intentions nous bercent d’illusion, nos vœux deviennent des vœux pieux.

Effectivement, une partie de soi qui le souhaite, en jugeant que c’est bien pour soi et aussi pour rentrer dans les valeurs environnantes, est en conflit avec l’autre partie qui n’est pas prête à renoncer aux bénéfices secondaires des comportements existants. Nous nous confrontons aux freins du changement. Bien que nous le désirions, en dessous de ce désir existent des peurs. Si j’arrête de fumer comment me reconnaitront mes proches qui me surnomme aujourd’hui « la cheminée » ? Si je perds 10kg, serais-je toujours aimé-e ? Si je fais ce voyage pendant 6mois, ne risquerai-je pas de me mettre en marge de ma famille ? Si je change d’emploi vais-je trouver autre chose de mieux ?  Ces craintes font avorter les bonnes intentions.

En surface, nos intentions sont dites avec la raison, or en profondeur il y a des émotions, des sentiments qui sont à considérer. La volonté dynamisée par la raison ne suffit pas. Si je veux ne plus manger d’aliment sucré, pour ma santé. Belle résolution ! Seulement, le sucré m’apporte la douceur et le réconfort dont je peux avoir besoin. Je vais pouvoir respecter mon choix de réduire les denrées sucrées avec le soutien de ma volonté. Mais mes sentiments auront le dessus tôt ou tard. Par un soir, une après-midi de blues je prendrai un biscuit ou un chocolat, puis un autre et puis un autre, car il n’y a pas de raison à ne pas se faire plaisir… et la volonté s’évaporera.

Si nous ne sommes pas conscients des sentiments, des manques qui sous-tendent nos comportements et que nous ne leur apportons pas un autre moyen d’y répondre mieux adapté. La modification des comportements ne se fera qu’avec la force qui nous manquera très probablement à un moment.

Parfois, nos intentions sont trop ambitieuses, ou anxiogène

Je projette d’aller chaque jour au travail à vélo, pour faire de l’exercice et répondre à mes valeurs écolo. C’est sans compter qu’il peut pleuvoir, que je dois chercher ou emmener les enfants à l’école certains jours, les emmener à l’orthophoniste en fin de journée parfois… Chaque jour ce n’est pas possible à respecter.

Je projette de voyager et de partir un an seul-e dans plusieurs pays. Je n’ai jamais voyagé à l’étranger. Je ne suis jamais parti-e seul-e quelques jours où que ce soit. Cette perspective de faire ce voyage seul-e sur un an est bien au-delà de ce qu’on appelle la zone de croissance. C’est anxiogène ! Je risque de ne pas réaliser mon projet.

Comment répondre à nos intentions ?

Les intentions sont des procédés qui aident aux changements, aux modifications. Un changement s’opère quand on reste dans le domaine du réaliste et réalisable et que l’on se donne des étapes. Les paliers sont des guides, des soutiens. Marche après marche, nous cheminons vers l’orientation que nous avons choisie. A chaque échelon, nous pouvons être satisfait. A chaque phase, nous déplaçons notre zone de croissance.

« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité »  Antoine De St Exupéry

Delphine Jover
Delphine Jover

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